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Réflexions sur le FLASH

On voit de plus en plus de sites contenant du FLASH ou même conçus entièrement en flash, or cette technologie a plusieurs défauts, qu'il me semble bon, à mon humble avis, de rappeler afin d'éviter quelques excès (entendre les sites construits uniquement en FLASH). Cet article est inspiré de l'article de Patrick Murris (qui a enseigné et faits des sites en FLASH) sur les inconvénients du FLASH.

Flash

Du côté du visiteur

  • Cela ne permet pas l'utilisation des signets (ou bookmarks, comme vous voudrez) : quel que soit le stade du fichier auquel on est arrivés, l'url du site ne change pas. On ne peut donc pas mettre un signet sur le point du site auquel on est arrivé !
  • Les impressions via le navigateur ne fonctionnent pas ou alors pas correctement, or c'est au navigateur de gérer l'impression et non le site lui-même !
  • Les traductions (via google par exemple) ne sont pas possibles.
  • L'utilisateur ne sait pas vers quel page pointe un lien s'il positionne sa souris dessus (contrairement au HTML où le lien apparait dans la barre d'état ).
  • Un fichier FLASH contenant du texte est plus lourd qu'un fichier HTML contenant le même texte, du fait de son architecture! En effet, ayant testé un fichier de chaque avec le même texte, le fichier .swf a un poids de 11.3 Ko et le fichier HTML 3.8 ko ! Par ailleurs, le texte n'étant pas accessible, les développeurs créent des sites au contenu vide...
  • Le FLASH ne permet souvent pas la sélection du texte et ainsi donc rend difficile la copie de textes ou d'images, ce qui nuit à l'évolution du web.
  • Le clic droit n'est pas celui du navigateur, et est parfois même désactivé; ce qui a pour risque de perturber le visiteur une fois de plus en n'affichant pas le menu contextuel auquel il est habitué, lui permettant d'accéder à la source, à la sélection, aux informations de la page et aux autres outils (etc.. :p ).
  • Les galeries d'images en FLASH ne permettent pas la vision de l'image en taille originale la plupart du temps, ou alors dans un format inconfortable (sans barres de défilement ou sans mise à l'échelle de la fenêtre possible).
  • Le streaming produit par flash peut être remis en cause: si c'est au navigateur de lire les pages web, ce n'est pas à lui de lire les vidéos ou encore les sons: c'est la fonction des lecteurs médias, qui produisent, eux aussi, du streaming et vous évitent donc un téléchargement. Or il est plus confortable de regarder une vidéo avec son lecteur favori.
  • La mise en cache des medias est souvent mal utilisée en FLASH. Ainsi, si dans une page HTML une modification est apportée, seul le fichier HTML sera rechargé et non les images et les fichiers de style ou de script, en FLASH la modification d'une seule virgule nécessite le rechargement de tous les éléments dans bon nombre de sites encore (certains ont évolué). Or cela cause un ralentissement ainsi qu'une consommation inutile : certaines personnes ont une connexion limitée en taille.
  • Les liens déjà visités ne changent pas de couleur ni même de style par défaut, ce qui nuit à l'accessibilité, d'autant plus que ca supprime encore une des habitudes du visiteur. Si FLASH permet d'adapter cela et d'arriver à un même résultat, cela demande une programmation plutôt complexe. En FLASH la modification d'une seule virgule nécessite le rechargement des tous les éléments.
  • Le chargement non-progressif des fichiers FLASH vous oblige, dans le meilleur des cas à voir une barre se remplir peu à peu ou alors à charger plusieurs séquences à chaque stade, en effet contrairement au HTML où le chargement progressif permet de lire le texte pendant le chargement des images par exemple, ce n'est pas le cas du FLASH.
  • La résolution n'est pas adaptée à la fenêtre: si certains fichiers FLASH se mettent à la taille de la fenêtre proportionnellement, le texte ou autre affiché dans une petite fenêtre devient vite illisible alors qu'en HTML ce n'est pas le cas. Dans les autres cas l'affichage n'évolue pas et reste dans un cadre fixe.
  • Les polices ne peuvent pas être agrandies comme certains utilisateurs peuvent être habitués à le faire.
  • La recherche par le navigateur (et encore une fois c'est au navigateur de rechercher dans la page et pas la page elle-même ) n'est pas disponible non plus avec la technologie FLASH.
  • Cette technologie n'est pas multiplateforme. En effet aucun lecteur FLASH n'existe pour la PS3, l'utilisateur d'une PS3 souhaitant se connecter à internet se verra donc refusé la vision d'une page conçue en FLASH! C'est également le cas pour les systèmes Linux x86_64 ( la version 64bits donc ).
  • FLASH est lourd: en effet son utilisation du processeur est bien plus lourd qu'une page standard (utilisant html (ou xhtml ) et CSS !
  • Un autre problème avec la non-gestion des url est que l'utilisateur utilisant les fonctions page précédente et page suivante de son navigateur, auquel il est habitué depuis qu'il navigue, se verra renvoyé au site précédemment visité en utilisant la fonction page précédente et s'il souhaite annuler cela et fait donc page suivante, il se verra renvoyé à l'accueil du site en FLASH qu'il visitait.
  • Risque pour l'utilisateur :

Flash s'exécute en local. C'est-à-dire qu'il utilise les ressources matérielles de l'ordinateur sur lequel fonctionne le navigateur (carte graphique, carte son, webcam). Intrinsèquement cela comporte un risque pour l'utilisateur.

D'ailleurs il n'y a pas si longtemps on a dénoté des failles assez graves dans FLASH qui permettaient de prendre le contrôle de l'ordinateur qui exécutait le fichier.

Du côté du webmestre

  • Le FLASH ne supporte pas nativement le CSS: la modification du design n'est donc pas aisée: tout le fichier doit être revu. De plus, si désormais Flash permet d'utiliser un fichier de style pour plusieurs clips ( à l'instar du CSS pour les pages HTML), ce n'est pas évident.
  • La modification des fichiers compressés (donc ceux lus par le lecteur, les .swf, et non les .fla ) n'est pas possible, le concepteur est donc obligé de reprendre le fichier .fla et de remettre à jour ce dernier puis de le compresser et enfin de le remettre en ligne au contraire du HTML qui est directement modifiable hors ligne et même en ligne si on utilise une technologie serveur comme le PHP.
  • Le référencement du FLASH est plus qu'insuffisant: uniquement les liens et les textes peuvent être indexés. Google et Yahoo! ont en effet reçu il y a peu un moteur permettant de mieux lire le FLASH, mais rien n'indique qu'il ait bien été mis en place; de plus des moteurs de recherche qu'on ne peut ignorer, tels Cuil, AOL ou même Windows Live search n'ont pas reçu ce moteur.
  • Les logs faits par les serveurs ne comprennent pas la structure interne des fichiers FLASH.
  • L'utilisation des cookies standards n'existe pas et si flash permet de créer des « objets partagés », ceux-ci ne sont pas accessibles par autre chose que flash.

Autres

  • L'avenir de FLASH ne dépend que d'une société, Adobe, et donc des envies de ses actionnaires. Autrement dit c'est une situation plutôt précaire ! D'ailleurs le fait que la version 8 n'ait jamais été développée pour Linux le prouve !
  • D'autre part, FLASH n'est pas la seule technologie utilisant le vectoriel ou même l'animation : il existe en effet respectivement le SVG ou encore le SMIL pour ces utilisations (non je ne nommerai pas Silverlight :p ) . Exemples : FACE et Ghost Diagrams, ou encore un Tetris ou un début de FPS.

La technologie FLASH est donc, si ce n'est à éviter, à utiliser avec beaucoup de parcimonie et de réflexion (quand à l'utilité, l'accessibilité et même la légèreté).